Mostrando entradas con la etiqueta le Loup et le Renard. Mostrar todas las entradas
Mostrando entradas con la etiqueta le Loup et le Renard. Mostrar todas las entradas

sábado, 9 de diciembre de 2017

Le Loup et le Renard

Fable n° 9
Livre XII

D’où vient que personne en la vie
N’est satisfait de son état ?
Tel voudrait bien être soldat
À qui le soldat porte envie.
Certain Renard voulut, dit-on,
Se faire loup. Eh ! qui peut dire
Que pour le métier de mouton
Jamais aucun loup ne soupire ?
Ce qui m’étonne est qu’à huit ans
Un prince en fable ait mis la chose,
Pendant que sous mes cheveux blancs
Je fabrique à force de temps
Des vers moins sensés que sa prose.
Les traits dans sa fable semés
Ne sont en l’ouvrage du poète
Ni tous ni si bien exprimés :
Sa louange en est plus complète.
De la chanter sur la musette,
C’est mon talent ; mais je m’attends
Que mon héros, dans peu de temps,
Me fera prendre la trompette.
Je ne suis pas un grand prophète :
Cependant je lis dans les cieux
Que bientôt ses faits glorieux
Demanderont plusieurs Homères ;
Et ce temps-ci n’en produit guères.
Laissant à part tous ces mystères,
Essayons de conter la fable avec succès.
Le Renard dit au Loup : « Notre cher, pour tous mets
J’ai souvent un vieux coq, ou de maigres poulets :
C’est une viande qui me lasse.
Tu fais meilleure chère avec moins de hasard :
J’approche des maisons ; tu te tiens à l’écart.
Apprends-moi ton métier, camarade, de grâce ;
Rends-moi le premier de ma race
Qui fournisse son croc de quelque mouton gras :
Tu ne me mettras point au nombre des ingrats.
– Je le veux, dit le Loup : il m’est mort un mien frère,
Allons prendre sa peau, tu t’en revêtiras. »
Il vint ; et le Loup dit : « Voici comme il faut faire,
Si tu veux écarter les mâtins du troupeau. »
Le Renard, ayant mis la peau,
Répétait les leçons que lui donnait son maître.
D’abord il s’y prit mal, puis un peu mieux, puis bien.
Puis enfin il n’y manqua rien.
À peine il fut instruit autant qu’il pouvait l’être,
Qu’un troupeau s’approcha. Le nouveau loup y court
Et répand la terreur dans les lieux d’alentour.
Tel, vêtu des armes d’Achille,
Patrocle mit l’alarme au camp et dans la ville :
Mères, brus et vieillards, au temple couraient tous.
L’ost au peuple bêlant crut voir cinquante loups :
Chien, berger et troupeau, tout fuit vers le village,
Et laisse seulement une brebis pour gage.
Le larron s’en saisit. À quelque pas de là
Il entendit chanter un coq du voisinage.
Le disciple aussitôt droit au coq s’en alla,
Jetant bas sa robe de classe,
Oubliant les brebis, les leçons, le régent,
Et courant d’un pas diligent.
Que sert-il qu’on se contrefasse ?
Prétendre ainsi changer est une illusion :
L’on reprend sa première trace
À la première occasion.
De votre esprit, que nul autre n’égale,
Prince, ma Muse tient tout entier ce projet :
Vous m’avez donné le sujet,
Le dialogue, et la morale.

Le Loup et le Renard

Fable n° 6
Livre XI

Le lion devenu vieux était couché, malade,
dans son antre, et tous les animaux étaient venus
rendre visite à leur prince,
à l’exception du renard.
Alors le loup, saisissant l’occasion favorable,
accusa le renard par-devant le lion :
« il n’avait, disait-il, aucun égard pour celui qui
était leur maître à tous, et c’est pour cela qu’il
n’était même pas venu le visiter. » Sur ces entrefaites
le renard arrivait lui aussi, et il entendit les
dernières paroles du loup.
Alors le lion poussa un rugissement contre le renard.
Mais celui-ci, ayant demandé un moment pour se justifier :
« Et qui, dit-il, parmi tous ceux qui sont ici réunis,
t’a rendu un aussi grand service que moi, qui suis allé
partout demander aux médecins un remède pour te guérir,
et qui l’ai trouvé ? »
Le lion lui enjoignit de dire aussitôt quel était ce remède.
Le renard répondit : « C’est d’écorcher vif un loup,
et de te revêtir de sa peau toute chaude. »
Le loup fut incontinent mis à mort, et le renard dit en riant :
« Il ne faut pas exciter le maître à la
malveillance, mais à la douceur, »

Le Lion, le Loup et le Renard


Fable n° 3
Livre VIII

Un Lion décrépit, goutteux, n’en pouvant plus,
Voulait que l’on trouvât remède à la vieillesse :
Alléguer l’impossible aux Rois, c’est un abus.
Celui-ci parmi chaque espèce
Manda des Médecins ; il en est de tous arts :
Médecins au Lion viennent de toutes parts ;
De tous côtés lui vient des donneurs de recettes.
Dans les visites qui sont faites
Le Renard se dispense, et se tient clos et coi.
Le Loup en fait sa cour, daube au coucher du Roi
Son camarade absent ; le Prince tout à l’heure
Veut qu’on aille enfumer Renard dans sa demeure,
Qu’on le fasse venir. Il vient, est présenté ;
Et sachant que le Loup lui faisait cette affaire :
Je crains, Sire, dit-il, qu’un rapport peu sincère,
Ne m’ait à mépris imputé
D’avoir différé cet hommage ;
Mais j’étais en pèlerinage ;
Et m’acquittais d’un vœu fait pour votre santé.
Même j’ai vu dans mon voyage
Gens experts et savants ; leur ai dit la langueur
Dont votre Majesté craint à bon droit la suite :
Vous ne manquez que de chaleur :
Le long âge en vous l’a détruite :
D’un Loup écorché vif appliquez-vous la peau
Toute chaude et toute fumante ;
Le secret sans doute en est beau
Pour la nature défaillante.
Messire Loup vous servira,
S’il vous plaît, de robe de chambre.
Le Roi goûte cet avis-là :
On écorche, on taille, on démembre
Messire Loup. Le Monarque en soupa ;
Et de sa peau s’enveloppa ;
Messieurs les courtisans, cessez de vous détruire :
Faites si vous pouvez votre cour sans vous nuire.
Le mal se rend chez vous au quadruple du bien.
Les daubeurs ont leur tour, d’une ou d’autre manière :
Vous êtes dans une carrière
Où l’on ne se pardonne rien.